Parmi les différentes facettes du théâtre, l’improvisation est sans doute l’une des plus redoutées.

Vouloir improviser, c’est s’ouvrir au risque de l’imprévisible, s’exposer à la force intimidante que peut exercer le public sur soi. Alors que certains professionnels du monde du spectacle n’osent pas se mouiller à l’improvisation, un groupe de collégiens ont eux décidé de faire le grand plongeon, dans le cadre du Wea !¡ (week-end amateur) du festival d’improvisation Subito !¡. Les sept collégiens, Justin, Julie, M’hand, Flavie, Anais, Rodolphe et Manon, ont fait preuve d’une aisance indéniable et d’une imagination remarquable, car en montant sur scène, ils ne connaissaient ni l’époque, ni le lieu, ni le thème, ni les personnages, ni même le titre de la pièce. Une bouteille est livrée sur scène, et à l’intérieur, une page blanche, l’histoire est à écrire.

Un public impressionné

C’est le public qui va, avec plaisir et facétie, dessiner l’histoire des deux saynètes, en nommant les personnages, en donnant l’époque, l’intrigue… C’est ensuite au narrateur, rôle tournant entre les collégiens, d’emboîter les différents éléments fournis par le public pour créer une histoire, qui prend vie à travers les interprétations des six autres élèves.Ainsi, la première saynète taillée sur mesure par le public, se déroule au XVIIe siècle, en Angleterre, à la cour du roi Louis, cent vingtième du nom. Le titre : « La revanche de l’amour ». Les différents personnages sont tous interprétés de manière différente, avec l’accent, la gestuelle, un vrai travail de professionnel. Le public rit aux différents gags, et est impressionné par l’imagination des jeunes.

Si les histoires sont parfois difficiles à suivre, les apprentis comédiens retombent toujours sur leurs pieds et parviennent à délivrer une pièce en rapport avec le titre et les différents éléments donnés par les spectateurs. L’exercice est déjà remarquable que les collégiens annoncent la deuxième saynète. L’intrigue, toujours « à la demande », se passe, cette fois-ci, au XXIIe siècle, au Texas, dans une patinoire. Son titre ? « La licorne magique ». Le public n’hésite donc pas à stimuler les collégiens en proposant des éléments qui n’ont aucun rapport entre eux, rendant l’exercice plus difficile, mais également plus gratifiant et amusant. Après avoir conquis le Vauban, les collégiens de Keranroux seront au Quartz, le 20 avril prochain, prêts une nouvelle fois à voguer sur la mer inconnue qu’est l’improvisation. 11 avril 2016  Les sept collégiens ont fait peuve d’aisance et d’imagination sur un thème et des personnages qu’ils ne connaissaient pas avant de monter sur scène…