Treize volontaires du collège de Kéranroux prennent des cours avec la compagnie Impro Infini. Ils se produiront, samedi, au Wea de Subito ! ainsi que le mercredi 20 avril, au Quartz.

La deuxième date sera consacrée à l’Europe et aux migrations. Une question de bouteille à la mer… Au bord de l’eau, un groupe d’adolescents trouve une bouteille rejetée par les flots. Dedans, un papier.

Sur le papier, une histoire. Mais une histoire à trous, des mots ayant été effacés. C’est le topo de « Contes en bouteille », auquel participeront Eva, Élisa, Manon, Julie, Flavie, Maïna, Anaïs, Justin, Rodolphe, M’hand, Léo, Elory et Yanis. Neuf des 13 volontaires de quatrième et troisième du collège de Kéranroux se sont retrouvés lundi, à la MPT de Saint-Pierre, encadrés par Morgan Mansouri et Romain Abasq, de la compagnie Impro Infini. Le but, répéter. Car, oui, malgré ce que l’on pourrait penser, l’impro, ça se travaille ! « On les prépare à toutes sortes de choses, faire en sorte qu’ils soient tout terrain pour ne pas se retrouver démunis face aux suggestions et envies du public », pose Romain Abasq, qui les avait déjà encadrés lors de la première répétition, le 12 mars au collège. « C’est pour cela qu’on revoit tout le côté narration et, surtout, la construction de l’histoire, avec situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement, situation finale, pour construire leur histoire », précise-t-il.

« Je n’arrive pas à lire »

Mais quelle histoire ? Il est 15 h, les collégiens sèchent un peu. « C’est de l’impro, vous avez le droit de tout faire, vous avez le droit de tout péter et de faire un spectacle de marionnettes à la place ! », leur lance Morgan Mansouri. Il les harangue, leur assène des propositions, les aiguille, leur dit d’interroger le public. Et ça fonctionne. Eva se charge de la narration. Tout se passe bien. Mais… « Je n’arrive plus à lire ! ». Il s’agit d’un appel au secours, « une petite technique, quand on sent que l’on va perdre le fil ou quand on n’a plus d’idées », explique Romain Abasq. Rodolphe arrive, Élisa singe. C’est la fin. « N’oubliez pas : il ne faut pas négliger la fin, intervient Morgan Mansouri. Car c’est ce que le public retient ».

« Pas là pour apporter des solutions »

Il est 15 h 45, tous s’asseyent ou s’allongent. Pas question de jouer, mais bien de réfléchir à ce qu’ils diront le mercredi 20 avril, au Quartz, sur le thème de l’Europe et des migrations, « un thème pas forcément aisé, quand on sait l’actualité », explique Romain Abasq. Avant de poser les choses : « Ce sont vos mots, vos points de vue. Vous ne serez pas là pour apporter des solutions mais pour en discuter. Il va falloir faire attention à ne pas en faire une histoire triste, hyper pathos, mais l’idée n’est pas, non plus, de dire que c’est "trop waouh" ». Un brainstorming commence. Déjà, poser les bases de ce que sont les migrations. Directement, ou presque, « les migrants », « la jungle de Calais », « la Syrie », « les milliers qui arrivent par bateaux », sortent des bouches. Exit la question du « djihad », des « SDF à sauver d’abord », que ces ados connectés ont vu, entendu, lu. Ils restent un moment sur la nourriture, le gaspillage. Romain Abasq se charge de ramener ceux qui s’égarent. « Pourquoi pas parler d’un individu devant partir de chez lui et se nourrir de son histoire ? », suggère-t-il.

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Pratique Samedi, à 15 h, « Contes en bouteilles » au Wea de Subito !, au Vauban. Improvisation sur l’Europe et les migrations, le mercredi 20 avril, à 19 h, au Quartz. 6 avril 2016 / Hélène Caroff /  Les neuf collégiens présents sur les 13 (en raison des vacances) ont revu les techniques avec Morgan Mansouri.